J’ai passé le permis de conduire au Pérou

Facile et pas très cher

Joe Bar Team

Le permis de conduire au Pérou, comment ça marche ?

Tout d’abord rappel des règles en matière de permis de conduire au Pérou.

Le permis de conduire français par exemple ou encore le permis international ne sont valables sur le territoire péruvien que pour une durée de 3 mois à compter de la date d’entrée sur le territoire péruvien.

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Bon, j’avoue j’ai conduit au Pérou avec mon permis français plus d’un an, mais comme on dit cela dépendra toujours de la personne sur qui vous tombez. Surtout que selon la route empruntée, par exemple Pedro Ruiz – Chiclayo, dans le Nord, vous pouvez, cela m’est arrivé, être contrôlé jusque 7 fois dans la même journée. Et ce n’est pas parce que je suis étranger, c’est pour tout le monde pareil. En France en 25 ans de permis, je crois avoir été contrôlé une fois. J’ai donc décidé de me mettre en règle.

Au-delà des 3 mois, il faut en tous les cas avoir un permis national, donc un permis péruvien.

Pour avoir un permis péruvien, il faut avoir un “carne d’estranjeria”, donc avoir la résidence au Pérou, dont la procédure n’est pas toujours si évidente. Je dispose de mon carné depuis moins de 2 mois au moment où je décide de m’inscrire au permis.

Le seul permis qu’un étranger comme moi peut passer est la catégorie A1, à savoir les véhicules légers.

On peut sinon valider un permis moto légère, directement auprès de la mairie, a priori sans “carné d’estranjeria”, mais avec passeport.

Tout d’abord l’inscription

Comment procéder ? Je parle ici pour ceux qui ont déjà un permis dans leur pays d’origine et qui ont déjà de la pratique, hein ?

On peut aller voir une auto école bien-sûr. Mais si l’on dispose déjà d’un permis et que l’on a un minimum confiance en soi, il existe une autre voie.

Pour mon compte, puisque je vis dans la capitale de la région Amazonas, Chachapoyas, au Nord du Pérou, je suis allé directement au Ministère des Transports.

J’ai comme d’habitude dans les administrations demandé les « requisitos », c’est-à-dire ce qui est nécessaire pour passer le permis de conduire péruvien.

En premier lieu il faut passer une visite médicale dans une clinique agréée Ministère des Transports. Il y en a deux en ville.

J’ai un peu galéré car apparemment toutes mes données personnelles n’étaient pas enregistrées dans le système du Ministère. Un des médecins de l’une des cliniques a finalement téléphoné à la bonne personne qui a pu régler le problème et j’ai ainsi pu passer ma visite. Cela a tout de même duré plusieurs jours cette histoire. Mais bon on y est.

La visite médicale

Je me rends par conséquent à la clinique, règle à l’entrée le coût de la visite médicale pour le permis, soit 70 soles ou 18-19 euros et je monte.

On va vérifier mon groupe sanguin, je retourne m’asseoir. Je dois à présent rencontrer le psy ! Je dois dissimuler on côté psychopathe-fou du volant à présent. Je serai accueilli par un monsieur, pas de blouse blanche celui-là, qui me tend une feuille de papier avec des tests dessus. En gros je vais dessiner durant 5 minutes ! Je prends mon temps, j’aime bien dessiner moi ! Voilà ! le test est terminé. Gloups !

clignotant à pied

C’est l’heure à présent du test psychomoteur. J’entre dans une petite pièce. Devant moi 3 appareils. Pour le premier on me tend des manettes reliées à une pointe. Les manettes m’aident à bouger la pointe qui doit suivre une ligne sans trop en sortir. Tiens cela me rappelle le test dont me parlait mon ami lorsqu’il avait travaillé chez nous à la SNCF. On te laisse toujours un temps de préparation avant le test véritable. Je crois que j’ai bien fait.

Seconde machine, le test de rapidité. Je regarde un écran avec deux couleurs : rouge et vert. Je dispose d’un pédalier à deux pédales, on me dit qu’il s’agit pour le droite de l’accélérateur et le gauche de la pédale de frein. Je dois regarder l’écran et lorsque la couleur change du vert au rouge, je dois le plus rapidement possible lever mon pied de l’accélérateur, presser le frein et appuyer à nouveau sur l’accélérateur. Après 3 ré-initialisations du système, un peu fatigué, et quelques triturations de fils électriques pour vérifier la connexion, on peut commencer. Bon là encore je me qualifie, tout va bien, je suis « très rapide ». Yeeeh

Troisième instrument, un test visuel. Je dois indiquer les formes… Là encore tout va bien.

Ultime rendez-vous, un dernier médecin. J’entre dans le bureau de ce dernier. Il doit pas voir des étrangers tous les jours venir faire ces tests. Il a l’air content.

Devant lui un questionnaire avec au moins 50 questions. On n’est pas sorti j’ me dis. Il me demande si je vais bien, si je n’ai pas de souci de ci, de cela. Au bout de 4 questions, voilà tout va bien, il arrive à faire des croix partout, merci d’être venu et ravi d’avoir fait votre connaissance. Et moi donc !

Voilà il semblerait que  ce soit terminé. On me fait patienter le temps que l’on me rédige mon certificat médical. Je suis qualifié, ouf !

On peut terminer l’inscription

Je peux à présent retourner au Ministère des transports, cette fois pour m’inscrire. Je viens avec mon reçu de règlement fait au Banco de la Nacion des S/32 ou 10 euros de droits.

Il faut de nouveau débourser S/40  ou 12 euros directement au Ministère des Transports pour les formalités d’inscription, j’ai joint copie de mon “carne d’estranjeria”  ainsi que de mon examen psychosomatique et quelques photos d’identité.

Ahh ! un truc intéressant. J’ai dû fournir une copie légalisée (cela se fait au ministère de l’éducation, ils me connaissent à présent car j’enseigne l’anglais à l’Université) d’un de mes diplômes, en l’occurrence le certificat d’aptitude professionnel en restauration. Je ne voyais pas l’utilité de donner ma maîtrise en Droit.

Oui, il faut ici pour passer le permis de conduire justifier avoir terminé ses études secondaires ou démontrer l’obtention d’un diplôme professionnel. Et sinon, tu peux pas passer le permis de conduire au Pérou? Là, je peux pas vous dire!

Il a aussi fallu que je me fasse faire un justificatif de domicile par la municipalité de Chachapoyas.  Bref, administrativement, il faut, une nouvelle fois être patient pour tout obtenir.

Il ne faut pas trop se plaindre je pense, car je crois savoir que dans certaines villes du Pérou, c’est beaucoup moins facile et c’est à croire qu’on veut vous mettre des bâtons dans les roues.

Reste à passer les épreuves à présent. Je me suis procuré directement au Ministère des Transports, pour S/10 ou 3 euros, un CD sur lequel figurent toutes les questions possibles qui peuvent tomber lors de l’examen théorique sur ordinateur. En effet, j’ai bien demandé et redemandé, rien n’oblige à contracter une auto-école.

Je me suis par conséquent rendu au Ministère des transports pour passer les épreuves du permis après avoir révisé le CD durant quelques heures la veille et voilà.

L’épreuve théorique

Je me présente au Ministère sans rendez-vous le matin vers 9 heures 30 et demande si je peux passer les épreuves. On doit me brancher l’ordinateur pour me faire passer l’épreuve théorique. 50 questions et on a droit à … 10 ! erreurs soit 20 %. Je devrais y arriver.

On me laisse 1 heure pour faire cette épreuve. 12 minutes plus tard, j’enregistre mes réponse et obtient le résultat. 46 bonnes réponses sur 50, ça va. Je suis par conséquent qualifié pour la suite.

j'ai réussi mon code

On me demande si je souhaite passer l’épreuve de conduite aujourd’hui. Je réponds “bien-sûr!”. Il faut juste retrouver l’examinateur qui doit bien être quelque part par là.

L’épreuve pratique

Après une 20aine de minutes d’attente, l’examinateur se présente, me fait patienter un peu plus et nous sommes prêts pour l’épreuve. Je vois la jeune secrétaire nous suivre avec une petite caméra. J’avais bien remarqué la TV dans la salle d’accueil avec la possibilité de suivre les épreuves en LIVE ! mais là c’est de moi qu’il s’agit.

Nous sommes tous les 3 dans la voiture lorsque l’examinateur examine mon levier de vitesses. « ahh mais c’est une boite automatique ? » ben oui je l’ai signalé à plusieurs reprises, déjà, p’tit bonhomme. « Il faut une boite mécanique ». – Pourquoi ? « les boites auto sont pour personnes avec déficience physique ». J’essaye bien de me défendre, dire qu’aujourd’hui il y a beaucoup de gens qui conduisent ces voitures avec boite auto, des personnes qui n’ont aucune difficulté physique ou handicap. Bon mais je vais devoir me procurer une voiture à boite mécanique. Dommage cela aurait été plutôt rapide comme passage de permis.

Je rentre chez moi et j’appelle un ami péruvien qui dispose d’une voiture à boite mécanique. Je retourne au Ministère des transports vers 15 heures avec le véhicule. Quelqu’un me demande si je ne peux pas lui louer l’auto pour passer l’épreuve pratique. Une idée de commerce. Bon, mais elle est pas à moi l’auto.

Oui je vois vos mines interrogatives. Ici, pour passer le permis de conduire, il faut fournir la voiture. Généralement, tu viens avec… pour passer le permis, mais oui!

Je retrouve mon examinateur. Cette fois-ci au niveau voiture tout va bien. Ce ne sont pas 3 mais 4 personnes cette fois-ci qui s’embarquent dans le véhicule, le directeur ayant de décider de nous accompagner. On veut me mettre la pression ou quoi ?

On ne sort pas de l’enceinte du Ministère mais on accède juste à un espace ouvert, une grande ligne droite sur un espace en terre, pas de goudron. On me demande de stopper, j’aurais dû mettre les warning. A cette remarque, j’indique que je sais mais que vu la configuration du terrain, j’ai du mal à me considérer en situation de circulation. L’explication passe on dirait.

Tous mes passagers descendent. On me demande de réaliser une marche arrière le plus prêt possibles des plots à gauche et en un minimum de temps. Je m’exécute, tout va bien.

Et maintenant un créneau. Quoi ? on demande aux gens à faire des créneaux ici ? Mais en ville personne ne les pratique et lorsque tu mets ton clignotant pour te garer, ce code semble totalement incompris et on te klaxonne lorsque tu débutes ta manœuvre. Je me pose des questions c’est tout.

Je vois dans mon rétroviseur le directeur rajuster à la baisse la taille de l’espace qui m’est octroyé. J’ai droit à une seule entrée pour me garer, ensuite j’ai 3 minutes pour ajuster. Je ne dois pas toucher la barre derrière la voiture et je dois me trouver dans l’idéal à 20 cm du « trottoir », trottoir juste matérialisé par une ligne blanche. Ils sont tous les 3 à m’observer. Et bon heu comme je sais quand même me garer je me positionne, j’engage la marche arrière et viens m’encadrer parfaitement et du premier coup dans la place qui m’a été si gentiment confectionnée.

Je regarde mes observateurs, ils se regardent. Je crois qu’ils ont apprécié. En remontant dans la voiture, l’examinateur me serre la main en disant « c’était très bien ». Emotion !

A ce moment-là je pense que nous allons sortir et nous mêler au reste de la circulation pour poursuivre l’épreuve. En fait non, on retourne au bureau,  où mon examinateur apposera en face de mon nom un tampon « approbado ». Bon ben oui on dirait que j’ai mon permis de conduire péruvien.

permis réussi chien

On me donne une sorte de justificatif de succès à l’épreuve, avec une de mes photos dessus qu’ ils nomment « voucher », qui me permettra de récupérer mon permis lorsqu’il arrivera.

Précision, et pas des moindres : ce justificatif ne vaut pas permis et n’autorise en rien à conduire, c’est inscrit dessus. Bon alors dans ce cas-là, je suis toujours hors la loi avec mon permis français.

L’épreuve de l’attente

Dans notre région du nord du Pérou, on a un autre souci : le délai d’attente. Je vous passe le nombre de visites au Ministère des transports, la semaine sainte où rien ne se passe… J’ai finalement reçu mon permis de conduire au bout de 3 mois et 1 semaine. Au lieu des 45 jours prévus.

J’ai entre-temps été arrêté par la police de la route à 15 kms à peine de Chachapoyas. Plutôt sympa, on te dit que pour cette fois, on t’explique mais que la prochaine fois on devra te coller une amende. C’est tout de même dommage ce justificatif qui en fait ne te sert à rien.

permis Philippe

En tous les cas, oui ! J’ai passé et réussi mon permis de conduire au Pérou. Et en fin de compte il faut bien avouer que ce n’était pas si compliqué.

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