Tourisme responsable, solidaire, écotourisme

Communauté indigène

Tourisme responsable, solidaire, écotourisme – vous vous y retrouvez ?

Dans le monde du tourisme, on parle de plus en plus d’un tourisme responsable, mais aussi de séjour chez l’habitant, le voyage solidaire ou pourquoi pas de l’écotourisme. Ceci fait parfaitement sens pour les professionnels, mais est un peu plus éloigné des préoccupations du voyageur quand il choisit son séjour à l’étranger.

Nous essayons d’expliquer chacun des différents termes, en y rajoutant notre démarche personnelle à Phima Voyages et l’implication auprès de la population locale.

Dans cet article vous trouverez donc plusieurs rubriques.

  • Le Tourisme responsable, rural et durable : Avec une définition générale, la définition officielle de l’OMT et notre vision à nous, de Phima Voyages, du tourisme rural et ce que nous faisons à ce niveau
  • Le Tourisme équitable et solidaire : La définition de l’ATES et notre implication personnelle pour chaque point.
  • L’écotourisme : Protéger la nature à travers les revenues du tourisme
  • Le rôle des associations de tourisme au nord du Pérou
  • Leur challenges et défis pour participer au développement responsable du tourisme

 

Envelopper le poisson

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Le tourisme responsable, rural et durable

Une définition générale du tourisme rural

Avant tout, le tourisme rural est une forme de tourisme qui cherche à s’écarter des sentiers battus et des flots du tourisme de masse. Vous y trouverez des séjours chez l’habitant et le retour à des activités traditionnelles. En cela, c’est surtout une forme de tourisme alternatif. De plus en plus de personnes font ce choix par volonté de vivre une expérience unique et authentique.

Le tourisme rural est aussi souvent associé au tourisme vert. Quand on sait que de plus en plus de personnes voyagent dans le monde, engendrant ainsi un impact écologique non négligeable, on comprend que cette pratique touristique plus responsable est nécessaire et rencontre du succès.

On peut aussi parler d’agrotourisme, qui consiste à découvrir la vie à la ferme et tout le savoir-faire ancestral d’un territoire. Bien sûr, il ne s’agit pas seulement d’apprendre à traire une vache. Faire le choix du tourisme rural c’est découvrir un lieu à travers ses traditions, sa gastronomie et ses réalités sociales.

 

Définition de l’OMT

Je ne vais pas vous citer toute la définition de l’Organisation Mondiale de Tourisme OMT (actualisée en 2004), mais l’idée est que les “pratiques de gestion durable du tourisme” doivent “être applicable à toutes les formes de tourisme“. En gros, que le tourisme en général devrait être responsable.

“Les principes de durabilité concernent les aspects environnemental, économique et socioculturel du développement du tourisme. Pour garantir sur le long terme la durabilité de ce dernier, il faut parvenir au bon équilibre entre ces trois aspects.”

Toujours selon l’OMT, le tourisme durable doit :

  • “exploiter de façon optimum les ressources de l’environnement qui constituent un élément clé de la mise en valeur touristique, en préservant les processus écologiques essentiels et en aidant à sauvegarder les ressources naturelles et la biodiversité ;
  • respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil, conserver leurs atouts culturels bâti et vivant et leurs valeurs traditionnelles et contribuer à l’entente et à la tolérance interculturelles ;
  • assurer une activité économique viable sur le long terme offrant à toutes les parties prenantes des avantages socioéconomiques équitablement répartis, notamment des emplois stables, des possibilités de bénéfices et des services sociaux pour les communautés d’accueil, et contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté.”

Expérience unique

 

Notre vision du tourisme responsable

Pour Phima Voyages, cette forme de tourisme est avant tout un moyen de reconnecter les populations locales avec les voyageurs. Bien souvent, dans les lieux extrêmement touristiques surtout, le touriste passe en coup de vent. Il vient voir ce musée ou ce site archéologique, mais il ne prend pas le temps de ralentir.

C’est pourquoi nous avons fait le choix de travailler en lien avec des communautés locales. L’association des femmes de Huancas par exemple maintient bien vivante une forme d’artisanat ancien, permettant de perpétuer la tradition et de générer un revenu supplémentaire. On peut même participer à un cours de poterie. Ainsi, votre voyage n’est plus une simple visite, il devient une rencontre !

Tourisme rural = respectueux des habitants et de la nature

Il est donc essentiel pour Phima de collaborer avec des communautés volontaires et motivées pour développer un tourisme responsable. Il s’agit de sensibiliser les habitants sur la préservation de leur environnement pour qu’à leur tour ils transmettent ce savoir aux visiteurs. La communauté de Cuispes, qui est en charge du magnifique site de Yumbilla l’a bien compris. Les guides font tout pour préserver la nature luxuriante et se feront un plaisir de partager leurs connaissances des plantes durant la visite. Et ce ne sont pas les espèces qui manquent !

Ainsi pour nous le tourisme rural est avant tout un tourisme local. Il doit être voulu et maîtrisé par les habitants de la région. C’est aussi une opportunité de rencontres et de partage !

Bien entendu, ces définitions ne se veulent pas exhaustives, nous sommes d’ailleurs heureux d’ouvrir le débat. Tous vos commentaires sont les bienvenus.

 

Ce que nous faisons sur le terrain

Depuis notre installation à Chachapoyas, nous travaillons activement avec les villageois et les communautés afin de les accompagner dans leur participation au développement touristique: cours d’anglais, réunions autour de la protection de l’environnement et des ateliers de formation dans la restauration et de l’hôtellerie.

Cette année deux communautés dans la région Amazonas (Cuispes et Leymebamba) ont accueilli Léa, une étudiante en Master Tourisme et Développement pendant trois mois. Léa a fait un travail remarquable qui s’adressait à tous les entrepreneurs locaux. Réunions hebdomadaires, bonnes pratiques et surtout des simulations personnalisées avec les entrepreneurs qui souhaitent accueillir des clients en séjour chez l’habitant et ceux qui souhaitent structurer une activité traditionnelle (comme la culture du café) pour pouvoir proposer cette activité à des voyageurs étrangers.

Tourisme responsable

 

Le tourisme équitable et solidaire

Selon l’ATES (l’association de tourisme équitable et solidaire)

“Conçu par des spécialistes et en partenariat étroit avec les acteurs locaux, le voyage équitable et solidaire garantit au voyageur de vivre une expérience rare, à taille humaine, faite de découvertes et d’échanges avec les populations, et qui contribue au développement équilibré des territoires visités.

Un voyage équitable et solidaire, c’est :

1. Voyager en petit groupe, loin des grandes infrastructures touristiques, dans des conditions privilégiées de rencontre et d’échanges avec les populations

Chez Phima Voyages nos voyages sont tous sur mesure et entièrement adaptés à vos besoins.

 

2. Être accueilli chez l’habitant ou dans des hébergements tenus par la population locale (petits hôtels de charme, villages, gîtes familiaux, campements…)

Justement c’est un des points très importants pour nous, d’où les formations pour nos partenaires locaux afin qu’ils puissent vous accueillir chez eux.

 

3. Favoriser l’économie locale (guides, repas, transports, artisanat…)

  • Nos chauffeurs sont toujours de la région.
  • Jhon, notre guide, est embauché avec un contrat de travail qui lui donne sécurité d’emploi, des vacances et la Sécurité Sociale.
  • Où possible nous faisons appel aux “orientadores locales”, les guides locaux, et aux arrieros pour les locations de chevaux.
  • Nous incluons des visites d’ateliers d’activités traditionnelles autour du tissage, du café, de la sculpture pour donner un revenu supplémentaire à nos partenaires locaux et créer des souvenirs exceptionnels pour nos clients

 

4. Voyager dans le respect des populations, de leur culture et de leur environnement

Bien entendu, nous préparons le voyageur à sa venue dans une communauté, nous partageons régulièrement les bonnes pratiques sur notre page Facebook pour créer une compréhension mutuelle.

 

5. Financer des projets de développement, décidés et gérés par les communautés, par le reversement d’une partie du prix du voyage”

Notre voyage “Séjour rural au nord du Pérou” comprend une partie solidaire qui va aux associations de tourisme de Cuispes et de Leymebamba pour des projets de développement dans leur communautés.

 

atelier teinture Tucume

 

L’écotourisme

L’écotourisme met l’accent surtout sur le fait de financer la protection de l’environnement à travers des revenus du tourisme, donc d’une certaine façon cela englobe le tourisme durable et peut être du tourisme rural. Vous me suivez toujours 🙂

Selon Wikipedia “L’écotourisme, que l’on associe au tourisme vert, est une des formes du tourisme durable, plus centrée sur la découverte de la nature (écosystèmes, mais aussi agrosystèmes et tourisme rural), voire d’écologie urbaine (jardins écologiques, Espaces verts écologiques, réserves naturelles urbaines et autres aspects de l’écologie urbaine…).”

Chez Phima Voyages, vous découvrez des Aires de Conservations Privées comme par exemple chez Perico et Lola à Milpuj, ou bien Privée, mais gérée par des communautés comme à Tingana ou Santa Elena, mais aussi des Parcs Régionaux comme Pacaya Samiria danas la jungle amazonienne. A chaque endroit, vous soutenez les responsables locaux par votre visite, la promotion que vous leur faites après et les souvenirs sur place que vous pouvez y acheter.

En même temps, c’est lié au tourisme rural, car ces petites structures souvent proposent aussi l’hébergement, donc vous pouvez loger chez l’habitant.

Réserve naturelle Tingana, Nord du Pérou

 

Le rôle des associations de tourisme au Pérou

Les communautés ont appris à s’organiser en associations de tourisme. Cela entraîne une démarche administrative pour s’inscrire chez le notaire et avoir des statuts. Il est très important qu’une association soit correctement constituée. C’est seulement ainsi qu’elles peuvent prétendre à des subventions d’Etat dans le cadre de différentes organisations gouvernementales, comme Procompite.

Par contre, il faut savoir qu’il s’agit d’un processus complexe et difficile à accomplir pour les responsables d’associations. La région Amazonas est très vaste. Et c’est à Chachapoyas, la capitale de la région Amazonas, que se font tous les papiers. Sachant que l’administration péruvienne est très tatillonne, c’est donc plutôt un parcours du combattant qui commence.

Comment cela fonctionne ?

Une fois l’association constituée, les villageois doivent établir les services qu’ils souhaitent proposer aux voyageurs. Ainsi il y a des communes qui proposent du guidage avec un orientador local vers leur site phare (un site archéologique ou naturel) et font payer un droit d’entrée. D’autres proposent la location de chevaux, des services de restauration ou d’hôtellerie.

Un problème récurrent dans les villages est le fait que tout le monde veut participer aux activités et se faire un revenu complémentaire. Il faut bien garder en tête que les communautés ne peuvent pas vivre seulement de l’accueil des voyageurs. Les différentes activités comme guide ou location de cheval sont donc attribuées aux villageois à tour de rôle. Cela permet une distribution de ressources équitable, mais aussi de pouvoir continuer à travailler son champ et s’occuper de ses animaux.

En Amazonas, il y a donc du tourisme rural communautaire, mais pas seulement. Vous trouvez également des initiatives privées de personnes ou familles. Elles cherchent à protéger un écosystème ou à partager la beauté de régions encore éloignées de tout.

 

A quoi sert votre argent ?

Les revenus que gagne l’association locale servent à :

  • améliorer le chemin d’accès au site archéologique ou naturel
  • faciliter l’accès, par exemple en construisant des ponts
  • payer les villageois qui s’occupent de l’entretien du chemin. Pouvez-vous imaginer combien de temps il faut pour nettoyer le chemin jusqu’à Gocta ? Il faut entre autres couper les branches qui poussent dans le chemin, entretenir les portions du chemin inondées, ramener des pierres, etc.
  • reforester des parcelles qui ont été utilisées pour l’agriculture. Elles seront protégées car elles sont situées sur le territoire de l’association
  • construire une maison d’accueil
  • payer la personne qui vous accueille, vous donne des informations et votre ticket d’entrée
  • imprimer de la publicité pour pouvoir se présenter dans des salons nationaux
  • et cela ne représente pas toutes les dépenses !

Vos paiements au guide ou à la personne qui loue les chevaux ou encore vos dépenses dans les restaurants et hébergements, vont directement à votre hôte.

 

Challenges et défis du tourisme responsable pour les chambres d’hôte et restaurants

Le tourisme durable et rural nécessite beaucoup de préparation ainsi que des ateliers pour mieux comprendre les besoins du voyageur occidental. Les défis pour la population locale sont quotidiens.

Défi de maintien de la culture

1) Nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que les gens qui vous accueillent font beaucoup d‘efforts pour être à la hauteur. Le fait que vous logez chez eux, partagez un moment avec eux, les remplit de fierté. Ils voient mieux pourquoi garder leurs traditions. Malheureusement, celles-ci se perdent avec la jeune génération qui part faire ses études dans les grandes villes.

Défi d’âge

2) La plupart des personnes impliquées dans les chambres d’hôtes et restaurants ont entre 35 et 50 ans. Ils ont vécu toute leur vie dans leur région. Ils y travaillent leurs terres et espèrent trouver dans le tourisme un revenu complémentaire. Par contre, ils n’ont pas appris les langues étrangères et leur contact avec des étrangers était jusque-là plutôt limité. Mais ils sont les premiers à vouloir apprendre pour pouvoir communiquer.

Challenge d’éloignement

3) L’aménagement des chambres d’hôtes n’est pas évident. Quand vous vivez à 3 h de la ville la plus proche, vous dépendez du copinage et réseau familial pour installer la salle de bain, l’eau chaude et autres commodités “à l’occidentale”. Ceci est hélas parfois synonyme d’installation médiocre. Les villageois très souvent se lavent toujours avec de l’eau froide. Bien entendu, il n’y a pas de chauffage dans les maisons, même à 3 000 m d’altitude. Pour vraiment rentrer dans la catégorie “Tourisme durable”, il faudrait également prendre en compte les besoins d’eau et l’installation des eaux usées, mais ce n’est pas souvent le cas.

Challenge d’adaptation à la nourriture occidentale 🙂

4) La nourriture dans les Andes est très différente de ce que vous connaissez. Pour un Péruvien, à chaque repas, il faut du riz et des pommes de terre. Les légumes sont plutôt accessoires ou absents. Bien entendu, les villageois qui vous accueillent ont reçu une formation pour diversifier les plats. Mais les conditions d’éloignement font qu’ils ne peuvent pas vous proposer des ingrédients qu’ils n’ont pas déjà prévus en avance.

Défi des nouvelles technologies

5) La réservation de votre chambre ne peut probablement pas se faire par internet. Ou peut-être vous allez envoyer un message par mail, mais personne ne vous répond. Pourquoi ? Parce que la connexion est mauvaise ces derniers jours. Parce qu’il n’y a pas du tout de connexion là où vous souhaitez aller. Ou bien parce qu’il y a une coupure d’électricité. Ce sont là quelques-unes des raisons pourquoi on ne peut pas vous répondre. Et ceci sans que ce soit nécessairement la faute de votre futur hôte.

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