Challenges et défis du tourisme durable rural

Cabanon Huamanpata Amazonas

 Challenges et défis du tourisme durable

Vous pensez qu’accueillir des gens est simple ? Et bien non, pas tellement. C’est vrai que les Péruviens sont de nature accueillants. Mais vous accueillir dans leur maison ou bien vous faire à manger, n’est pas toujours facile. Le tourisme durable et rural nécessite beaucoup de préparation ainsi que des ateliers pour mieux comprendre les besoins du voyageur occidental.

Pour les chambres d’hôte et restaurants

  1. Mis à part tout essai de définition, nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que les gens qui vous accueillent font beaucoup d‘efforts pour être à la hauteur. Le fait que vous logez chez eux, partagez un moment avec eux, les remplit de fierté. Ils voient mieux pourquoi garder leurs traditions. Malheureusement, celles-ci se perdent avec la jeune génération qui part faire ses études dans la grande ville.

Chazuta, Amazonie péruvienne

2) Directement lié au premier point est le fait que la plupart de personnes impliquées dans les chambres d’hôtes et restaurants ont entre 35 et 50 ans. Ils ont vécu toute leur vie dans leur région. Ils y travaillent leurs terres et espèrent trouver dans le tourisme un revenu complémentaire. Par contre, ils n’ont pas appris les langues étrangères et leur contact avec des étrangers était jusque là plutôt limité. Mais ils sont les premiers à vouloir apprendre pour pouvoir communiquer.

3) L’aménagement des chambres d’hôtes n’est pas évident. Quand vous vivez à 3 heures de la ville la plus proche, vous dépendez du copinage et réseau familial afin de vous installer la salle de bain, l’eau chaude et autres commodités « à l’occidentale ». Ceci est hélas parfois synonyme d’installation médiocre. Je ne vous apprends rien de neuf en vous disant que les villageois très souvent se lavent toujours avec de l’eau froide. Bien entendu, il n’y a pas de chauffage dans les maisons, même à 3 000 m d’altitude. Pour vraiment rentrer dans la catégorie « Tourisme durable », il faudrait également prendre en compte les besoins d’eau et l’installation des eaux usées, mais ce n’est pas souvent le cas.

douche froide, Chazuta, Amazonie

4) La nourriture dans les Andes est très différente de ce que vous connaissez. Pour un Péruvien, à chaque repas il faut du riz et des pommes de terre, les légumes sont plutôt accessoires ou absents. Une salade consiste en quelques oignons et tomates. Bien entendu, les villageois qui vous accueillent ont reçu une formation pour diversifier les plats. Mais les conditions d’éloignement font qu’ils ne peuvent pas vous proposer des ingrédients qu’ils n’ont pas déjà prévu en avance. Les fraises en dernière minute sont donc à proscrire !

Truite à la plancha, Pomacochas, tourisme durable

5) La réservation de votre chambre ne peut probablement pas se faire par internet. Ou peut-être vous allez envoyer un message par mail, mais personne ne vous répond. Pourquoi ? Parce que la connexion est mauvaise ces derniers jours, parce qu’il n’y a pas du tout de connexion là où vous souhaitez aller ou bien parce qu’il y a une coupure d’électricité ? Ce sont là quelques unes des raisons pourquoi on ne peut pas vous répondre. Et ceci sans que ce soit nécessairement la faute de votre future hôte. Mieux vaut encore appeler (quand on parle l’espagnol), mais aussi en sachant que souvent les numéros indiqués sur internet ou des guides ne sont déjà plus valables…

Suivant point 5. vous n’avez donc pas de connexion internet chez votre hôte. Mais vous n’en avez pas besoin !! Vous êtes bien venu ici pour profiter de la nature, pour échanger et pour apprendre. Reconnectez-vous à la vie, Facebook vous attendra.

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