Tout ce que vous devez savoir sur Cajamarca

48 heures à Cajamarca

La région Cajamarca

La région Cajamarca se situe à l’intérieur des terres au nord du Pérou. Elle est bordée à l’ouest par les régions côtières de Piura, Lambayeque et Libertad. A l’Est se trouvent les régions Amazonas et San Martin. Cajamarca s’étend vers le nord jusqu’à la frontière équatorienne.

C’est dans cette région qu’on a trouvé les traces des premiers habitants du Pérou dans les grottes qui leur servaient d’habitation.

Jouissant d’un climat privilégié, il s’agit de la région montagneuse la plus boisée ainsi que de la première région productrice de bovins et de produits laitiers du Pérou. Le secteur du tourisme génère des ressources importantes pour la région. Ceci s’ajoute aux ressources de l’agriculture et l’industrie minière. Avec la mine de Yanacancha, Cajamarca possède la plus grande mine d’or d’Amérique du Sud.

La région de Cajamarca a une situation très intéressante, à la croisée de nombreux chemins. Les Espagnols de Pizarro ne se sont pas trompés en empruntant cette route de Cajamarca.

 

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Que faire dans la région Cajamarca ?

A part le fait que Cajamarca fut le théâtre de la rencontre historique entre deux Mondes, la région dispose d‘intérêts les plus divers, tant archéologiques, historiques que naturels.

 

Visiter Cajamarca

Située à 2 720 m d’altitude et dotée d’un climat très agréable, la ville Cajamarca est l’endroit où se sont croisées les cultures inca et espagnole avant de se mélanger. Cajamarca possède l’un des patrimoines architecturaux coloniaux les plus importants du Pérou. En 1986, l’Organisation des Etats d’Amérique a nommé Cajamarca site d’héritage historique et culturel des Amériques.

 

Que faire dans la ville de Cajamarca ?

Parmi les monuments les plus importants se trouvent :

  • la Cathédrale, très bel exemple du baroque péruvien, qui s’appelle également l’Eglise Mère Sainte Catherine. Sa construction prit 80 ans et sa façade n’a pas été terminée.
  • l’Iglesia de San Francisco du XVIIe siècle. On y découvrit des catacombes en 1952, dans lesquelles des frères franciscains étaient enterrés à côté de membres de la noblesse autochtone
  • les monuments de Belén du XVIIIe siècle, qui comprenaient une église et deux hôpitaux. L’hôpital pour femmes et celui pour hommes offrent une illustration de ce que pouvait être l’hôpital public à cette époque. Ce n’est pas sans rappeler les « Hôtels-Dieu » en France. Ils sont aujourd’hui utilisés comme sites d’expositions.
  • La Recoleta, église et couvent de la seconde moitié du XVIIe siècle

 

Pour avoir le plus beau panorama sur la ville et toute la vallée, rien ne vaut la colline Santa Apolonia. On l’appelait autrefois Rumi Tiana, ce qui signifie « siège de pierre » en quechua. De plus, on y trouve quelques vestiges de constructions préhispaniques et ladite « chaise de l’Inca », formant comme un ancien trône taillé dans la roche.

 

N’hésitez pas à flâner en ville ! Il est parfois possible de s’introduire dans certains patios de maisons ou hôtels offrant une idée intéressante de l’architecture de l’époque coloniale.

 

Un peu en dehors de la ville se trouvent los baños del Inca. Ces eaux thermales à plus de 72ºC contiennent des minéraux aux propriétés thérapeutiques pour le traitement des affections osseuses et du système nerveux. Il y a entre autres des bassins à usage privé et des piscines publiques. La légende raconte que l’Inca Atahualpa s’y reposa peu de temps avant son affrontement avec Pizarro.

Plaza de Armas, Cajamarca, Nord du Pérou

 L’histoire d’Atahualpa

C’est à Cajamarca que fût organisée la rencontre entre l’Inca Atahualpa et les espagnols de Francisco Pizarro en novembre 1532. Une rencontre qui va bouleverser le monde. En effet, cette rencontre organisée va marquer le début de la fin de l’empire Inca et l’avènement de la domination espagnole sur une grande partie du continent Sud-Américain.

Les espagnols, au nombre de 180, vont piéger l’Inca et son armée forte de 40 000 individus ! Histoire incroyable, mais qui va donner lieu à un massacre chez les Incas. Il s’agit d’une manœuvre autant improvisée qu’audacieuse semble-t-il. Qui pouvait prévoir que l’Inca allait jeter la bible au sol en disant ne pas entendre la parole de Dieu ?

Le souverain indigène sera épargné pour une bonne et simple raison : Pizarro et les siens vont réclamer au peuple Inca le paiement d’une rançon qui, malgré son importance considérable, ne parviendra pas à assouvir leur soif de puissance. En effet, près de la Plaza de Armas, une des plus grandes du Pérou, se trouve la fameuse salle du « rescate » ou chambre de la rançon. L’inca Atahualpa avait fait remplir cette salle d’or et d’argent pour payer sa rançon, la plus chère de l’Histoire, en vain.

Les espagnols condamnent à mort le puissant souverain. Ils profitent d’accusations telles que la polygamie mais également le fratricide qui pesait sur Atahualpa contre son demi-frère Huascar. Ce dernier était sur le trône de Cusco quand lui se trouvait à Quito, dans l’actuel Equateur.

La chambre de la rançon est l’unique vestige de la culture inca à Cajamarca. Cette pièce est aujourd’hui protégée des intempéries à l’aide d’une structure moderne. Le lieu est devenu sacré, on n’y entre plus. Il y aurait en effet du sang royal sur la pierre où Atahualpa a été exécuté.

Salle de rançon, Atahualpa, le dernier Inca

Les Fêtes à Cajamarca

Cajamarca sait aussi faire la fête avec notamment son célèbre carnaval. C’est une des fêtes les plus populaires du Pérou qui se déroule chaque année en février-mars. Ce carnaval a acquis une grande renommée grâce à la joie qui y règne, sa musique et ses couleurs et l’implication des quartiers de la ville dans l’organisation de nombreux défilés, danses et repas. Ces festivités peuvent durer un mois entier.

Défilé dans les rues de Cajamarca

Informations pratiques

Proche de la place centrale de Cajamarca, dans le lieu-dit « cuarto del rescate », vous pouvez acheter un « pass ». Il vous permettra de visiter plusieurs sites touristiques de la ville à commencer par la « chambre de la rançon ». De là, vous partirez ensuite visiter d’autres monuments plus récents, datant justement de l’époque coloniale, dont l’église Bélen.

 

Comment se rendre à la ville de Cajamarca ?

  • La ville de Cajamarca, capitale de la région Cajamarca, se trouve dans la partie sud de la région.
  • Des vols quotidiens ont lieu entre Lima et Cajamarca, effectués par la compagnie LATAM ou LC PERU.
  • Des bus font Lima – Cajamarca en 13 h / 14 h.
  • De Trujillo, il faut 6 h 30 environ en bus pour rejoindre Cajamarca.
  • De la côte nord du Pérou, vous pouvez venir de Chiclayo avec la compagnie Transportes Linea. Malheureusement ces trajets ne peuvent pas se réserver par Internet, seulement par téléphone une fois sur place.
  • Vous pouvez également arriver de Chachapoyas ou Leymebamba, de jour comme de nuit. La compagnie de bus s’appelle Virgen del Carmen. Ce ne sont pas toujours des bus de dernière jeunesse qui font le trajet.

  panorama sur route Cajamarca

Visiter les sites archéologiques

En plus des monuments coloniaux qu’on peut trouver dans la ville de Cajamarca, il y a beaucoup de vestiges pré-incas à découvrir dans les environs. Nous vous conseillons ici 3 sites archéologiques à voir dans la région.

 

1. Las Ventanillas de Otuzco

La fameuse nécropole – appelée Ventanillas de Otuzco –  se trouve à 8 km de la ville de Cajamarca. On y voit comme de grandes niches carrées ou rectangulaires, taillées dans une grande paroi rocheuse d’origine volcanique. La culture Cajamarca y enterrait ses morts, souvent en famille.

On ne sait pas précisément de quand date la nécropole. Certains spécialistes pensent cependant qu’elle appartient à la culture Cajamarca (de 300 à 800).

25 km plus loin, vous trouverez un autre site remarquable : Combayo. Il est très peu desservi par les agences touristiques car il est plus éloigné de la ville de Cajamarca. Il impressionne par l‘ampleur de ses niches funéraires et sa relative inaccessibilité.

Notre article complet pour découvrir les Ventanillas de Otuzco

Nécropole Culture Cajamarca vestiges pré-incas

2. Cumbe Mayo

Découvert en 1937, Cumbe Mayo est un autre site d’importance. Situé à 20 km de la ville de Cajamarca, il aurait été un centre cérémonial où s’effectuait le culte de l’eau. On pense qu’il est très ancien – environ 1 000 ou 1 500 ans.

On peut y observer un aqueduc de 8 km de long, 30 cm de large et 50 cm de profondeur. Il transportait de l’eau en direction de l’océan Pacifique via un canal taillé dans la pierre. Le canal alimentait depuis les montagnes différents centres de population dont ce qui allait devenir Cajamarca.

Il y a également des pétroglyphes intéressants dont la signification demeure un mystère ainsi qu’une splendide forêt de pierres et des grottes où des gravures très anciennes ont été découvertes.

Notre article complet pour découvrir Cumbe Mayo

Cumbemayo Cajamarca vestiges pré-incas

3. Kuntur Wasi

Kuntur Wasi représente un fabuleux témoignage de la période pré-incas. Le centre de Kuntur Wasi, ou maison du Condor, date de 1 100 avant Jésus Christ. C’était un centre cérémonial avec des plateformes à plusieurs étages.

Les structures et sculptures démontrant l’influence d’une autre civilisation d’importance : les Chavin. En effet, on y retrouve l’emploi de thèmes félins et serpents notamment. Une sorte de piqûre de rappel pour ceux qui ont visité la région Ancash, Huaraz notamment, toujours dans le nord du Pérou.

Kuntur Wasi nous montre également un excellent exemple de gestion communautaire. A la suite des fouilles initiées en 1988 par l’université japonaise de Tokyo, la cinquantaine de familles qui compose le village protège et gère cet ensemble dont l’origine remonte à plus de 3 000 ans.

Kuntur Wasi est une visite d’une journée complète. Il faut plusieurs heures rien que pour s’y rendre et revenir de Cajamarca.

 

Partir à la rencontre de la nature en découvrant des fermes et haciendas

A 30 km au nord de Cajamarca, on trouve la Granja Porcón. C’est le parfait exemple d’un système coopératif qui fonctionne avec succès. On peut y loger quelques jours, faire du tourisme rural. Ainsi vous participerez aux travaux agricoles, d’élevage, tissage mais aussi forestiers. En effet, suite à un programme de reforestation débuté dans les années 80, cette zone possède plus de 10 000 hectares de forêts de pins.

On peut trouver le lieu assez commercial aux heures d’affluence. La religion est également omniprésente avec des extraits de la bible partout. Mais apparemment, c’est un des secrets de leur réussite : la religion les a soudés.

Notre article complet pour découvrir la Granja Porcón.

L’Hacienda La Collpa se consacre à l’élevage de bovins, à 15 min de voiture de Cajamarca. Là vous pouvez acheter des fromages, du yaourt naturel et un délicieux dessert à base de lait appelé manjar blanco.

Tissage traditionnel Granja Porcon

Les activités traditionnelles de la région de Cajamarca

Une forte tradition d’élevage

Les gens de Cajamarca sont traditionnellement des éleveurs. On trouve dans la région d’excellents fromages de vache.

Cette activité a causé d’importantes déforestations. Il faut toujours plus et plus de terres pour créer des pâturages. Cette réputation s’est étendue à d’autres régions du Nord, où nombre de cajamarquinos se sont exilés.

Certaines tensions apparaissent à cause de l’élevage. Les nouveaux pâturages sont créés au bord des cours d’eau. Certains de ces cours d’eau alimentent les cascades géantes d’Amazonas. Mais surtout, ils alimentent la population des vallées plus bas en eau potable. Vous voyez d’ici le problème.

Cultura Viva Camajara Nord du Pérou

L’extraction de l’or

L’or n’est pas une activité nouvelle à Cajamarca. Dès le XVIIème siècle, on a extrait le minerai dans la région.

Il est un fait que cette activité a apporté prospérité et développement à la ville de Cajamarca. Sa population a plus que doublé en une quinzaine d’années. La mine apporte en outre des subventions non négligeables à certains projets touristiques et communautaires dans la région.

La mine d’or de Yanacocha – le gisement le plus important d’Amérique du Sud – fut découvert par un géologue français au début des années 80. Elle ne sera exploitée qu’à partir de 1993 par un consortium à dominance nord-américaine. Même si cela donne du travail à plus 8 000 personnes, on parle ici d’une catastrophe écologique à grande échelle puisque cette mine à ciel ouvert couvre une surface de 10 000 hectares.

La compagnie souhaitait agrandir la mine existante. Cela aurait impliqué l’assèchement de 4 lagunes, la disparition de centaines de sources et de 260 hectares de prairies humides. Entrant en conflit avec l’agriculture locale, il y eut une forte opposition de la population locale. À la suite de graves incidents en juillet 2012 qui ont provoqué 5 morts, le président Humala a accepté de suspendre le projet.

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